Fausses nouvelles gouvernementales sur les hospitalisations selon le statut vaccinal

Par Esmeril

Cette analyse est l’oeuvre des ambassadeurs membres du comité d’Enquête journalistique

Analyse des statistiques officielles de la situation des hospitalisations selon le statut vaccinal d’avril 2020 au 14 février 2022 (avec accent sur la période de décembre 2021 au 14 février 2022)

Le 30 décembre 2021, afin de justifier un couvre-feu le lendemain, le gouvernement caquiste a invoqué une augmentation catastrophique des cas et des hospitalisations, accaparées à 50 % par les non-vaccinés aux soins intensifs. Qu’en est-il réellement ?  

FAITS SAILLANTS

  • La hausse des hospitalisations dont parlent le gouvernement et les médias comprend les hospitalisations toutes causes confondues, non pas les hospitalisations Covid, comme le croit la population. On entretient la peur, laquelle incite les gens à se conformer à toutes les mesures imposées; 
  • À la lecture des données de ces hospitalisations toutes causes confondues pour la période d’avril 2020 au 14 février 2022, l’observation de courbes de tendances, nous permet de constater que la courbe des hospitalisations aux soins intensifs toutes causes confondues est demeurée relativement constante depuis avril 2020 jusqu’au 11 février 2022, soit autour de 200 hospitalisations quotidiennes;  
  • En décembre 2021, janvier et février 2022, alors que le gouvernement affirmait que les hôpitaux étaient engorgés, 81 %, 91 % et 93 % des hospitalisations toutes causes confondues et respectivement pour les mois susmentionnés  étaient enregistrées hors soins intensifs. Peut-on parler alors d’engorgement des hôpitaux et qui plus est, attribuer cette situation aux hospitalisations COVID ? À la lumière de ces chiffres, on peut clairement avancer que ce n’est pas le cas, du moins pour les soins intensifs; 
  • Les non-vaccinés ne représentent pas 50 % des hospitalisations en soins intensifs comme le répète sans cesse le gouvernement. Les chiffres que nous avons analysés, particulièrement pour la période de 28 jours, du 13 janvier au 9 février 2022, montrent que les non-vaccinés représentent seulement  24 % des nouvelles hospitalisations COVID, alors que ce chiffre est de 41 % chez les double-vaccinés  et de 32 % chez les triple-vaccinés. Réinfocovid arrive sensiblement au même résultat pour la période du 13 décembre 2021 au 9 janvier 2022, soit 24,1 % de non-vaccinés dans les nouvelles hospitalisations COVID; 
  • De plus,  selon une méthode de calcul de Réinfocovid, les non-vaccinés représentent 1, 8 %  des hospitalisations totales, toutes causes confondues, pour la période du 13 décembre 2021 au 9 janvier 2022. Nous arrivons au même résultat pour la période du 13 janvier au 9 février 2022; 
  • Si l’on suppose, comme l’a déclaré le ministre Christian Dubé lors d’un point de presse, que 50 % des personnes hospitalisées pour la COVID, sont en réalité hospitalisées pour d’autres pathologies, les non-vaccinés ne représenteraient plus que 0,9 % des hospitalisations totales – toutes causes confondues. On peut difficilement dans ce cas parler de congestion des places en hospitalisation par les non-vaccinés(!); 
  • Le 9 janvier dernier, le tableau de bord de l’INSPQ indiquait qu’une personne non-vaccinée avait 0,7 fois le risque d’une personne vaccinée deux doses d’être infectée par le virus, c’est-à-dire qu’un non-vacciné est moins susceptible de contracter le virus qu’un vacciné. Cela met à mal l’argument qui sous-tend le passeport vaccinal, selon lequel il faut isoler les non-vaccinés puisqu’ils seraient plus susceptibles d’attraper le virus et de le transmettre. Cette statistique prouve tout à fait le contraire et, étrangement, elle a depuis été retirée du tableau de bord de l’INSPQ. On se demande pourquoi; 
  • 70,4 % des décès Covid seraient des personnes «adéquatement vaccinés » selon un article de Radio-Canada paru le 12 janvier. Cela contredit encore une fois l’argument véhiculé par les médias relatant les avis « d’experts » voulant que la vaccination prévienne les formes graves de la maladie. On peut raisonnablement en douter;
  • Les cas et les nouvelles hospitalisations sont représentés par deux groupes différents en fonction des classes d’âge, soit les classes d’âge plus jeunes pour les cas COVID (79 % des cas dans les classes d’âge de 0 à 9 ans à 50 – 59 ans inclusivement) et les classes d’âge plus âgées pour les nouvelles hospitalisations (67 % dans les classes d’âge de 60-69 ans à 90 ans et plus);
  • Les cas ne se transfèrent pas automatiquement et de façon marginale en hospitalisations. 

Enfin, il semble donc que toutes les mesures sanitaires visant particulièrement les non-vaccinés soient exagérées et abusives.  

 ***

ANALYSE INTÉGRALE

 

Les médias rapportent après chaque point de presse du premier ministre François Legault, du ministre de la Santé Christian Dubé et du directeur de la Santé publique, que les hospitalisations augmentent catastrophiquement vers des sommets inégalés à chaque vague de contamination du virus.

Durant les mois de décembre 2021, l’augmentation dramatique des cas et des nouvelles hospitalisations, toujours selon les autorités sanitaires et les médias, justifiait les mesures liberticides telles que le couvre-feu imposé le 31 décembre et l’utilisation du passeport vaccinal dans les commerces de 1500 pi. carrés pour en interdire l’accès aux non-vaccinés.

En premier lieu, ce « cri aux loups » fait croire à la population qu’on parle ici des hospitalisations Covid-19. Or, il s’agit plutôt des hospitalisations totales toutes causes confondues. Une première confusion entretenue auprès de la population par le gouvernement caquiste et les médias! De plus, le gouvernement visant un taux de vaccination de 100 %, 2 doses et plus tard poussant dans son narratif la dose de rappel (la 3e dose…), fait porter l’odieux de toutes ces mesures aux non-vaccinés.

Le gouvernement a trouvé son bouc émissaire pour se déresponsabiliser de sa mauvaise gestion du système de santé depuis mars 2020 et ne cesse de répéter que les non-vaccinés représentent 50 % des places en soins intensifs. Cet argument est mensonger, comme nous le verrons plus loin.

L’affirmation fausse selon laquelle 50 % des soins intensifs est « engorgé » par les non-vaccinés se reflète d’ailleurs dans cette phrase du PM Legault : « Ce n’est pas vrai que 10 % de la population va nuire à l’autre 90 % en engorgeant nos hôpitaux »1.

Nous verrons plus loin que les non-vaccinés sont loin d’occuper 50 % des places aux soins intensifs, encore moins 75 %, comme on l’affirmait le 6 janvier dans le Journal de Montréal. La présente analyse a pour but de rectifier les faits et de démanteler la désinformation relative à l’engorgement des hôpitaux entretenue par le gouvernement et relayée par les médias. Cette analyse se base sur des statistiques officielles disponibles sur le site de Données Québec – Section Santé Québec et couvre une période de 28 jours, soit du 13 janvier au 9 février 20222. Elle comprend un historique de l’évolution de la situation avec des données datant de juillet 2020, données non négligeables avec lesquelles nous débuterons. 

ÉVOLUTION DE LA SITUATION

Les soins intensifs sont-ils si engorgés ?

Graphique  1[1]

Hospitalisations quotidiennes

Hors soins intensifs vs aux soins intensifs et total

Du 10 avril 2020 au 14 février 2022

 

En premier lieu, le graphique précédent montre très bien que sur toute la période débutant en avril 2020, la hausse ou la baisse des hospitalisations, surtout en décembre et janvier, se produit majoritairement hors soins intensifs. Dès lors, ce simple fait met à mal l’idée que les soins intensifs débordent et menacent ainsi la sécurité du système de santé.

De plus, à l’examen du graphique ci-haut, nous pouvons constater également que la courbe (tendance) des soins intensifs (courbe orange) est demeurée constante et avec une faible variation, tout au long de la pandémie, soit depuis avril 2020, avec des hospitalisations variant peu, soit de 100 à 228 en février 2022. 

Toutefois, il n’en est pas de même de la courbe hors soins intensifs (courbe bleue) qui a connu des fluctuations tout au long de la pandémie avec des pics autour de 700 hospitalisations en avril 2020, puis 1300 autour de janvier 2020. Et ce sont sur la base de ces hospitalisations toutes causes confondues que le gouvernement faisait ces annonces de mesures depuis le début de la pandémie et plus récemment le 30 décembre 2021 pour instaurer un couvre-feu, privant la population de la célébration du Nouvel An. Était-ce justifié ? Nous pouvons en douter, puisque cela faisait croire à la population que la hausse dramatique des hospitalisations était pour les cas graves de Covid et aux soins intensifs. Ce qui, on le voit, n’était pas le cas.

En outre, lorsqu’on examine le graphique ci-haut, on s’aperçoit que l’instauration d’un couvre-feu le 31 décembre se basait sur l’augmentation catastrophique des hospitalisations, au dire du gouvernement. À partir de Noël, nous serions passés d’environ 427 hospitalisations totales – dont les 9/10 provenaient des hospitalisations hors soins intensifs – à plus de 1063 hospitalisations totales le 30 décembre 2021, date à laquelle le couvre-feu a été annoncé pour le lendemain. Or, il s’agissait des hospitalisations toutes causes confondues, pas seulement des hospitalisations Covid, et ces chiffres étaient semblables à ceux de décembre 2020 , lesquels frôlaient alors les 1 175 hospitalisations quotidiennes toutes causes confondues au 30 décembre 2020.

Par ailleurs, outre ce biais statistique apparent, camouflé et semblant servir des fins politiques plutôt que sanitaires, la courbe du graphique précédent montre des augmentations astronomiques étonnantes des hospitalisations hors soins intensifs et totales en janvier 2022, comme un sommet de 3085 hospitalisations totales toutes causes confondues le 13 janvier 2022, environ le double de janvier 2021, qui était d’environ 1500 hospitalisations. Un tel saut statistique anormalement élevé par rapport au sommet de 2021 jette un doute sur la fiabilité des données. Si on divise de moitié le chiffre de 3085, on arrive curieusement au sommet de 1500 hospitalisations de l’an dernier. D’autres données auraient-elles été ajoutées pour « gonfler » les chiffres d’hospitalisations, notamment les données sur la grippe, disparues dans les statistiques officielles depuis le début de la pandémie ?

LES CAS NE SE TRANSPOSENT PAS EN HOSPITALISATIONS

Pour pousser la vaccination, incluant la 3e dose, les médias et le gouvernement caquiste entretiennent aussi l’idée que les cas se transposent automatiquement en hospitalisations, que celles-ci sont graves et mènent souvent au décès, du moins aux soins intensifs.

Or, lorsque nous analysons la proportion d’hospitalisations « toutes causes confondues », on s’aperçoit que les hospitalisations hors soins intensifs représentent la majorité des hospitalisations avec 87 % des hospitalisations totales pour la période du 10 avril 2020 au 14 février 2022.

En décembre 2021, période où le gouvernement a mis en place le couvre-feu, 81 % des hospitalisations totales étaient hors soins intensifs:

Graphique 2

Répartition des hospitalisations quotidiennes

Hors soins intensifs vs aux soins intensifs 

Décembre 2021

En janvier 2022 : 91 % des hospitalisations totales étaient hors soins intensifs :

Graphique 3

Répartition des hospitalisations quotidiennes

Hors soins intensifs vs aux soins intensifs 

Janvier 2022

 

Enfin, en février 2022 : 93 % des hospitalisations totales étaient hors soins intensifs :

Graphique 4

Répartition des hospitalisations quotidiennes

Hors soins intensifs vs aux soins intensifs 

Février 2022

En résumé, ces graphiques montrent l’évolution de la situation et la répartition des hospitalisations. Étonnamment on observe en janvier un saut important des hospitalisations hors soins intensifs, qui ne concorde pas avec les soins intensifs et la tendance historique. Ces statistiques diffusées dans les médias laissaient croire que les cas de Covid-19 et les hospitalisations avaient bondi, nécessitant des mesures extrêmes.

Les médias, notre premier ministre et tous nos élus se gardent bien de mettre l’accent sur cette réalité qui donnerait une tout autre impression à la population, du moins atténuerait, même annulerait possiblement dans leur esprit, l’impression de gravité, d’urgence sanitaire et d’engorgement des hôpitaux qui perdurent depuis près de deux ans maintenant. Image entretenue, voire favorisée, faisant croire que les hospitalisations Covid et principalement les non-vaccinés, engorgent les soins intensifs. Ce n’est pas le cas, surtout pour les hospitalisations toutes causes confondues, comme on l’a constaté avec les graphiques précédents. 

On peut raisonnablement douter, à la lumière des chiffres précédents, présentés de façon biaisée et erronée dans les points de presse du gouvernement et dans les médias, qu’il y a engorgement des hôpitaux. Peut-être est-ce le cas aux urgences des hôpitaux, mais n’est-ce pas normal étant donné la nature même des «urgences»?

LES NON-VACCINÉS OCCUPERAIENT 50 % DES LITS D’HÔPITAUX

Le gouvernement a répété sans cesse que 50 % des places en soins intensifs étaient occupées par les non-vaccinés, ce qui lui donnait le justificatif pour leur interdire l’accès aux commerces de plus de 1 500 pi. carrés, aux centres d’achat ou à la SAQ. Ces lieux étaient désormais accessibles uniquement sur la présentation d’un passeport vaccinal valide dévolu aux personnes « adéquatement vaccinées » (2 doses)5.

Or les chiffres réels donnent un tout autre portrait de la situation : Réinfo Covid Québec, dans une analyse publiée le 31 janvier 20226, présentait les données suivantes :

  • Les non-vaccinés représentaient 26,1 % des hospitalisations Covid-19 durant la période du 13 décembre 2021 au 9 janvier 2021 et seulement 1,8 % du total des hospitalisations toutes causes confondues;
  • En supposant que 50 % des personnes hospitalisées COVID-19 le sont, comme l’affirmait le ministre Dubé lors d’un point de presse, pour d’autres pathologies, ce taux de 1,8 % passe à 0,9 %. Ainsi, les non-vaccinés hospitalisés précisément pour la Covid ne représenteraient que 0,9 % de toutes les hospitalisations toutes causes confondues! 

Peut-on alors dire que les non-vaccinés engorgent les hôpitaux? D’autant plus que nous ne savons pas si ces pourcentages représentent uniquement des personnes hospitalisées aux soins intensifs. Poser la question est un peu y répondre, n’est-ce pas?

  • Notre traitement des données, lesquelles sont tirées du site du ministère de la Santé et des Services sociaux, Données Québec, donne sensiblement le même portrait. Ainsi, du 13 janvier au 9 février 2022, les non-vaccinés représentent dans ce graphique 24 % des nouvelles hospitalisations, alors que les double-vaccinés ou « adéquatement vaccinés », représentent 41 % des nouvelles hospitalisations Covid-19. Fait nouveau, le graphique inclut maintenant, une nouvelle catégorie : les triple-dosés. Ceux-ci représentent, pour la même période, 32 % des nouvelles hospitalisations, soit davantage que les non-vaccinés. De plus, en additionnant les personnes double-dosées avec les triple-dosées, ce sont 73 % des personnes adéquatement vaccinées et celles ayant obtenu leur dose de rappel qui sont majoritairement hospitalisées.

Graphique 5 

Répartition des nouvelles hospitalisations

Selon le statut vaccinal

Du 13 janvier au 9 février 2022

Par ailleurs, toujours en se rapportant au nombre d’hospitalisations totales, toutes causes confondues, pour la période du 13 janvier au 9 février 2022, les non-vaccinés (1336 hospitalisations) représenteraient toujours 1,8 % de l’ensemble des hospitalisations7, comme Réinfo Covid l’avait estimé pour la période du 13 décembre 2021 au 9 janvier 2022. Ce chiffre ne fait pas la distinction entre les hospitalisations aux soins intensifs et hors soins intensifs. Ces statistiques ne sont pas disponibles. Hormis ce fait, si l’on en croit le ministre Dubé, qui avait déclaré que 50 % des hospitalisations Covid y étaient pour une autre pathologie, les non-vaccinés représenteraient donc à peine 0,9 % de toutes les hospitalisations. Peut-on dire dans ce cas qu’ils engorgent les hôpitaux et qu’en conséquence il faut leur imposer des mesures coercitives comme l’interdiction aux espaces commerciaux de plus de 1500 pi. carrés?

Force est de constater que ces mesures n’ont aucune justification scientifique.

Nous sommes également loin des statistiques du tableau de bord de l’INSPQ, où l’importance des non-vaccinés dans les hospitalisations Covid est gonflée par le fait qu’ils sont comptabilisés avec les « vaccinés 1 dose <= 14 jours ». Dans son document du 31 janvier, Réinfo Covid indique que lorsqu’ils sont comptabilisés de cette façon, les non-vaccinés représentent 41,6 % des nouvelles hospitalisations sur une période de 28 jours dans le tableau de bord du 17 janvier 2022. En incluant les vaccinés 1 dose moins de 14 jours avec les non-vaccinés, on ignore la proportion réelle des non-vaccinés dans les nouvelles hospitalisations. Une autre façon pour le gouvernement de justifier ses décisions sanitaires ? Il y a fort à parier que tel est le cas.

De plus, pourquoi le gouvernement du Québec ne comptabilise-t-il pas les vaccinées moins de 14 jours, comme l’Ontario le fait, étant donné que la majorité des effets secondaires sont dans cette période?

« Les études scientifiques le montrent : les vaccins perdent de leur efficacité avec le temps. Le gouvernement le reconnaît tout en nous poussant à la 3e dose », déclare Réinfo Covid dans un article de février 2022[2].

Ils ajoutent que « les autorités reconnaissent que les vaccins n’empêchent ni la contamination ni la transmission ». 

Sur cette dernière affirmation, nous pouvons de nouveau nous référer aux nouvelles hospitalisations analysées ci-haut où les double-vaccinés ainsi que les triple-vaccinés représentent ensemble 73 % du total des nouvelles hospitalisations, soit 41 % du total pour les double-vaccinés et 32 % pour les triple-vaccinés.

Réinfo Covid Québec, nous signale aussi que depuis l’arrivée d’Omicron, les chiffres montrent que les chances pour un non-vacciné d’être contaminé sont 0,7 fois celle d’une personne adéquatement vaccinée[3]. Cette donnée incluse dans le tableau de bord de l’INSPQ a été retirée le 10 janvier. On peut se demander pourquoi! Cette donnée était peut-être gênante pour les autorités, car elle discrédite les justifications qui sous-tendent le passeport vaccinal, visant en principe à isoler les non-vaccinés, réputés plus contagieux que les personnes « adéquatement vaccinées ». On a vu avec toutes les statistiques citées ci-haut que ce n’est pas le cas.

Les médias, toujours selon Réinfo Covid Québec, rétorquent que le vaccin permet d’éviter les formes graves. Ajoutons à cela que notre analyse permet de voir que la majorité des hospitalisations toutes causes confondues sont hors soins intensifs.

Réinfo Covid conclut donc, avec raison, que les vaccins n’empêchent pas les formes graves de la maladie induite par le virus SRAS-CoV-2, mais aussi qu’ils perdent en efficacité face aux nouveaux variants.

C’est « une tout autre chanson » que notre gouvernement, avec la complicité des médias, nous ont chantée depuis l’arrivée du vaccin à la fin de l’automne 2020 et son administration à la population depuis janvier 2021. Il y a tout lieu de croire que si la vérité avait fuité dans la population, le taux de vaccination n’aurait pas été aussi élevé. 

LES TESTS

Une autre statistique à analyser est celles des cas résultant des tests PCR, que la population croit à tort étant « des malades ». Cette notion a été véhiculée abondamment dans les médias depuis deux ans et veut que la seule façon de se protéger du virus est de se faire vacciner. Nous pouvons voir dans le graphique ci-dessous que ça ne concorde pas avec la réalité, puisque les double-vaccinés et triple-vaccinés sont encore majoritaires pour la période considérée, soit du 13 janvier au 9 février 2022. Les double-vaccinés représentent 49 % des cas et les triple-vaccinés 37 % :

Graphique 6

Répartition des nouveaux cas

Selon le Statut vaccinal

Du 13 janvier au 9 février 2022

Une autre « idéologie » véhiculée par notre gouvernement et les médias était que nous étions tous à risque d’être hospitalisés pour des formes graves de la Covid-19, « privant ainsi notre grand-mère d’un lit d’hôpital et de soins ». Dans les graphiques suivants, nous pouvons voir les cas par rapport aux hospitalisations selon le groupe d’âge.

Graphique 7

Répartition des nouveaux cas et nouvelles hospitalisations

Selon le groupe d’âge

Du 13 janvier au 9 février 2022

Force est de constater à nouveau que le discours du gouvernement et des médias, portant à croire que les cas se traduisent automatiquement en hospitalisations, est faux ou du moins erroné. Toujours en ce qui concerne la période de 28 jours (similaire à la période considérée dans le tableau de bord de l’INSPQ), les graphiques ci-dessus montrent clairement que les cas se retrouvent davantage dans les classes d’âge plus jeunes, soit de 0 – 9 ans à 50 – 59 ans, et moins dans les classes d’âge plus âgées de 60 ans et plus. En revanche les nouvelles hospitalisations se retrouvent majoritairement dans les classes plus âgées, soit les 60-69 ans, 70–79 ans, 80–89 ans et 90 ans et plus.

Ainsi, si l’on additionne les pourcentages de cas par classe d’âge dans la « tarte des répartitions » des cas, 79 % des cas se situent dans les classes d’âge de 0-9 ans à 50–59 ans inclusivement. À l’opposé, les nouvelles hospitalisations sont majoritairement dans les classes d’âge de 60-69 ans à 90 ans et plus, et ce dans une proportion de 67 %.  Ces chiffres semblent donc indiquer que les jeunes ne tombent pas malades et développent l’immunité et que les personnes âgées tombent malades malgré la vaccination. 

Nous pouvons également voir dans le graphique 8 ci-dessous que le nombre de nouvelles hospitalisations Covid-19 est minime relativement au nombre de cas, sauf pour les groupes plus âgés. Elles représentent de 1 à 4 % des cas pour les classes d’âge de 0–9 ans à 50–59 ans et de 13 % à 24 % des cas pour les classes d’âge de 60 ans et plus. Il apparaît évident à notre avis que les cas et les nouvelles hospitalisations Covid-19 sont deux groupes différents et peu reliés!

De plus, nous ne savons toujours pas si ces hospitalisations Covid-19 se retrouvent aux soins intensifs ou hors soins intensifs. Ces statistiques ne sont pas publiées par Santé Québec. Réinfo Covid les a demandées et s’est fait répondre de faire une demande d’accès à l’information, sans toutefois les obtenir. Cependant, si ces hospitalisations font partie des soins intensifs, elles ne sont probablement pas très importantes, puisque comme nous l’avons vu au début de ce document, la majorité des hospitalisations toutes causes confondues étaient hors soins intensifs dans un ordre de 81% à 93 %.

Enfin, les hospitalisations Covid-19 représenteraient seulement environ 7,4 % de toutes les hospitalisations toutes causes confondues pour la période de 28 jours du 13 janvier au 9 février 2022 : 1,8 % pour les non-vaccinés, 3 % pour les double-vaccinés et 2,4 % pour les triple-vaccinés. Ces hospitalisations sont donc marginales. Peut-on raisonnablement dire que les hospitalisations Covid-19, plus particulièrement les non-vaccinés, engorgent les soins intensifs et le système hospitalier dans son ensemble? Poser la question c’est un peu y répondre!

Graphique 8

Répartition des nouveaux cas vs les nouvelles hospitalisations

Du 13 janvier au 9 février 2022


Conclusion

En conclusion :

  • La majorité des hospitalisations toutes causes confondues sont hors soins intensifs de l’ordre de 81 % à 93 % selon la période étudiée;
  • Les non-vaccinés sont loin de représenter 50 % des hospitalisations et donc un risque pour le système de santé du Québec, comme le faisaient croire les médias et le gouvernement;
  • Les non-vaccinés ont moins de chances d’être contaminés par le virus de la Covid-19, leur risque étant de 0,7 comparativement à un double-vacciné;
  • 70,4 % des décès Covid-19 étaient des personnes « adéquatement vaccinées », selon Radio-Canada;
  • Les cas et les nouvelles hospitalisations se traduisent différemment en fonction des groupes d’âge :  les cas de Covid-19 sont surtout chez les plus jeunes (79 % des cas chez les 0–9 ans à 50–59 ans inclusivement) et les nouvelles hospitalisations chez les personnes plus âgées (67 % dans les classes d’âge de 60 ans et plus);
  • Les cas ne se transfèrent pas automatiquement ni principalement en hospitalisations.

Enfin, il semble que toutes les mesures sanitaires visant particulièrement les non-vaccinés sont exagérées et abusives.

***

NOTES

Faits saillants :

(1-2-3-4-7) : Compilation spéciale FDDLP; Donnees Québec – Santé Québec (https://www.donneesquebec.ca/recherche/dataset/covid-19-portrait-quotidien-du-statut-vaccinal-des-nouveaux-cas-et-des-nouvelles-hospitalisations ), 14 février 2022;

(5) Réinfo Covid Québec, Article : 0.9 % de «non-adéquatement vaccinés » hospitalisés : peut-on se fier aux données des autorités ?, janv. 31 2022 référant au tableau de bord de l’INSPQ du 9 janvier 2022, (https://twitter.com/sante_qc/status/1480573166237933576/photo/1);

(6) Radio-Canada, 10 janvier 2022, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1853645/deces-covid-morts-quebec-quatrieme-vague-2022

Texte intégral :

[1]Tous les graphiques de ce document ont fait l’objet d’une compilation spéciale de la FDDLP et sont tirées de Donnees Québec – Santé Québec;

Source: Compilation spéciale FDDLP; Donnees Québec – Santé Québec (https://www.donneesquebec.ca/recherche/dataset/covid-19-portrait-quotidien-du-statut-vaccinal-des-nouveaux-cas-et-des-nouvelles-hospitalisations ), 14 février 2022.

[2] Réinfo Covid Québec, Questionner – Comprendre – Agir, reinfocovid.ca , Article intitulé : Le passeport vaccinal est-il utile, Février 2022 – No 1 ( https://reinfocovid.ca/wp-content/uploads/2022/02/Reinfo-gazette-0207.pdf?fbclid=IwAR1sBcIS-EfG_l5PMlVwrpmqmJgwXINBWD8S8UAFtms8v8cbL78X5fAbDZc ) .

[3]Réinfo Covid Québec, Article : 0.9 % de «non-adéquatement vaccinés » hospitalisés : peut-on se fier aux données des autorités ?, janv. 31 2022 référant au tableau de bord de l’INSPQ du 9 janvier 2022, (https://twitter.com/sante_qc/status/1480573166237933576/photo/1)

[4] Source : Radio-Canada, 10 janvier 2022, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1853645/deces-covid-morts-quebec-quatrieme-vague-2022

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